Les autres voies de gestion étudiées

Dernière mise à jour : Mercredi 18 juillet 2012
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En plus du stockage profond, deux autres axes de recherche sont étudiés en complémentarité avec le stockage profond, dans le cadre des lois du 30 décembre 1991 et du 28 juin 2006 : la séparation/transmutation et l’entreposage.

La séparation/transmutation

Expériences de séparation/transmutationLes recherches sur la séparation/transmutation sont conduites par le CEA.Les résultats des études menées par le CEA dans le cadre de la loi de 1991 montrent que la séparation/transmutation ne supprime pas la nécessité d’un stockage profond. En effet, les résultats ont conclu que ces techniques ne seront applicables qu’à certains radionucléides contenus dans les déchets : les actinides mineurs (américium, voire curium et neptunium). La séparation/transmutation des actinides consiste à les extraire grâce à des procédés chimiques puis à les transformer, par une série de réactions nucléaires, en produits de fission analogues à ceux issus de la fission de l’uranium (césium 134 et 137, iode 129, sélénium 79, strontium 90, technétium 99, etc.). Par ailleurs, les installations nucléaires nécessaires à la mise en œuvre de la séparation/transmutation produiraient des déchets qu’il faudrait stocker en profondeur.

La loi du 28 juin 2006 prévoit que les études et les recherches sur la séparation/transmutation sont conduites en relation avec celles menées sur les nouvelles générations de réacteurs nucléaires ainsi que sur les réacteurs pilotés par accélérateur, dédiés à la transmutation des déchets, afin de disposer, en 2012, d’une évaluation des perspectives industrielles de ces filières et de mettre en exploitation un prototype d’installation avant fin 2020.

Le CEA a donc poursuivi depuis 2006 les études consacrées aux moyens de retirer des déchets les actinides mineurs (notamment l’américium, qui est le principal contributeur à la chaleur dégagée par les déchets à long terme). Cela permettrait notamment de diminuer l’emprise souterraine des déchets de haute activité qui seraient produits par un futur parc électronucléaire.

Fin 2012, conformément au décret établissant les prescriptions du Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs, le CEA a remis au Gouvernement un dossier sur les perspectives industrielles de cette technique.

L’entreposage

Dans le cadre de la loi de 1991, le CEA a étudié des concepts d’entreposage de longue durée en surface ou en subsurface.

Après 15 années de recherche, le CEA a conclu que « Même si les concepts d’installations présentent une robustesse particulière aux aléas externes, techniques ou sociétaux, la surveillance et le contrôle de telles installations doivent être maintenus pendant toute la durée de leur vie pour garantir la reprise des colis. En effet, quelles que soient les dispositions constructives prises, il sera indispensable, lorsque les entrepôts auront atteint leur fin de vie, de reprendre les colis, éventuellement de les reconditionner et de construire de nouveaux entrepôts pour y transférer ces colis ».

L’Autorité de sûreté nucléaire estime que l’entreposage de longue durée ne constitue pas une solution définitive car il suppose le maintien d’un contrôle de la part de la société et leur reprise par les générations futures, ce qui semble difficile à garantir sur des périodes de plusieurs centaines d’années (Avis de l’ASN du 1er février 2006 sur les recherches menées dans le cadre de la loi du 30 décembre 1991).

La loi du 28 juin 2006 oriente les études vers un entreposage complémentaire au stockage. L'Andra est chargée de piloter les études et d'en assurer la coordination avec le stockage profond. La loi prévoit que les études soient menées en vue de créer, au plus tard en 2015, de nouvelles installations ou de modifier des installations existantes, pour répondre aux besoins, notamment en termes de capacité et de durée.

De nouvelles installations sont en construction ou en projet sur les sites des producteurs pour entreposer les déchets dans l’attente de leur stockage et, pour les déchets HA, d’assurer une phase de décroissance thermique préalable. Les recherches sont orientées vers l’augmentation de la durée de vie de ces futurs entrepôts et le développement de moyens de surveillance associés. Par ailleurs, dans le cadre de la réversibilité du stockage, les études s’attachent à examiner les modalités de prise en charge de colis qui seraient retirés du stockage.

L’Andra a remis fin 2012 au Gouvernement un bilan des études et recherches sur l’entreposage.

L’entreposage permet :

  • de gérer les déchets dans l’attente de la mise en service de Cigéo.
  • pour les déchets de haute activité, leur refroidissement, condition nécessaire à leur prise en charge dans le stockage, et qui permet également de limiter son emprise souterraine.

Installation d'entreposageL’Andra propose plus généralement une optimisation d’ensemble du dispositif entreposage/transport/stockage.

La complémentarité entreposage/stockage concerne aussi la mise en œuvre de la réversibilité : un volet des études porte sur l’entreposage de colis de déchets qui seraient retirés du stockage.

Le bilan des études et recherches sur l’entreposage remis par l’Andra en janvier 2013 au Gouvernement recense les nouveaux besoins en entreposage et présente les installations en construction ou en projet qui permettent d’y répondre. Il décrit les solutions techniques innovantes qui ont été étudiées depuis 2006 selon trois principes :

  1. le renforcement à une centaine d’années de la durée de vie des futurs entrepôts,
  2. la conception d’entrepôts plus polyvalents, permettant de prendre en charge une plus grande diversité des colis de déchets, et également l’accueil de colis de déchets et de colis de stockage,
  3. une modularité des futurs entrepôts, pour s’adapter au plus près des besoins. 

Installation d'entreposageCe bilan présente un exemple d’application concrète avec le cas de l’extension de l’entreposage des colis de déchets HA vitrifiés à la Hague, en cours de construction par Areva.

Conformément au souhait des acteurs de Meuse et de Haute-Marne, le projet Cigéo ne comporte pas d’installation d’entreposage qui pourrait se substituer à celles des producteurs, notamment pour le refroidissement des déchets HA. Seule une capacité tampon limitée est envisagée sur le site de Cigéo. Les études et recherches sur l’entreposage de l’Andra s’adressent donc à des installations d’entreposage implantées sur les sites de production de déchets (La Hague, Marcoule, Cadarache...).

Consulter le rapport au PNGMDR sur l’entreposage

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