La gestion des déchets radioactifs en France

Dernière mise à jour : Mercredi 12 septembre 2012
 

Les grands principes de la gestion des déchets radioactifs

Les déchets radioactifs sont des substances radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée. La réduction de leur quantité et de leur nocivité est recherchée notamment par le traitement et le conditionnement. Les objectifs sont de réduire le volume des déchets produits, d’obtenir une forme physico-chimique la plus inerte possible vis-à-vis du stockage, en exploitation et à long terme, et de renforcer le confinement des déchets au sein des colis.

La dangerosité des déchets radioactifs diminue au fil du temps du fait de la décroissance naturelle de la radioactivité qu’ils contiennent. En fonction des déchets, cette décroissance peut prendre de quelques jours jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années. Le principe du stockage, qu'il soit de surface, à faible profondeur ou profond, consiste à isoler les déchets afin que la radioactivité qui se retrouve au contact de l’homme ne présente pas de risque pour la santé.

Les filières de stockage des déchets radioactifs

Plusieurs solutions de stockage sont opérationnelles ou en projet pour prendre en charge l’ensemble des déchets radioactifs français. Ces filières de stockage sont adaptées au niveau de radioactivité et à la durée de vie des déchets radioactifs à prendre en charge. La cohérence du dispositif de gestion des déchets radioactifs doit être recherchée, de même que son optimisation technique et économique. Les centres de stockage, peu nombreux et aux capacités limitées, doivent être gérés comme des ressources rares.

Les stockages de surface

Il existe déjà en France trois centres de stockage de surface, exploités et surveillés par l’Andra dans le département de la Manche et de l’Aube. Ils permettent de stocker plus de 90 % du volume des déchets radioactifs produits chaque année : ceux ayant une très faible activité (TFA) ou une durée de vie courte (FMA-VC). Il est à noter que certains déchets radioactifs ont également fait par le passé l’objet d’autres modes de gestion (immersion, stockage sur les anciens sites miniers, stockages « historiques » sous la forme de buttes, remblais ou lagunes à proximité d’installations nucléaires ou d’usines).

Vue aérienne du centre de stockage de la MancheVue aérienne du Centre de stockage de la Manche. © M. Aubert

Premier centre français de stockage de déchets radioactifs, le Centre de stockage de la Manche (CSM) a été ouvert en 1969. A l’issue de 25 ans d’exploitation, le Centre a permis le stockage de 527 225 m3 de déchets. Il a été fermé et recouvert de plusieurs couches de matériaux destinés à protéger les ouvrages, notamment contre les eaux de pluie. Depuis sa fermeture, le Centre fait l’objet d’une surveillance régulière de la part de l’Andra, pour vérifier son évolution et contrôler son impact sur l’environnement. L’Andra mène également les travaux nécessaires pour assurer la pérennité de la couverture du Centre. Cette surveillance s’effectuera pendant au moins 300 ans.

Bénéficiant de toute l’expertise acquise au Centre de stockage de la Manche, le Centre de stockage de l’Aube (CSA) accueille depuis 1992 les déchets FMA-VC produits en France. Il s’étend sur 95 hectares dont 30 sont réservés au stockage. Les déchets sont stockés en surface dans des ouvrages en béton armé. Une fois remplis, les ouvrages sont fermés par une dalle de béton dont l’étanchéité est assurée par un revêtement imperméable.

A la fin de l’exploitation, une couverture, composée notamment d’argile, sera placée sur les ouvrages pour assurer le confinement des déchets à long terme.

Vue aérienne du centre de stockage FMAPhotographie de l'intérieur du centre de stockage FMALe Centre de stockage de l'Aube est conçu pour accueillir 1 million de m3 de déchets (255 140 m3 de déchets stockés à fin 2011). A gauche, vue aérienne du CSA (© P. Bourguignon). A droite, stockage en cours dans une alvéole du CSA (© Emmanuel Gaffard).

Le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) a été mis en service par l’Andra en 2003, à proximité du Centre de stockage de l'Aube, pour le stockage des déchets TFA. Le Centre s’étend sur 45 hectares dont 28,5 hectares réservés au stockage. Une fois conditionnés, les lots de déchets sont identifiés et stockés en surface dans des alvéoles creusées à quelques mètres de profondeur dans une couche argileuse. Une fois remplies, ces alvéoles sont fermées puis recouvertes d’une couverture composée notamment d’une membrane imperméable et d’argile.

Vue aérienne du centre de stockage de déchets de très faible activitéPhotographie d'intérieur du centre de stockage de déchets à très faible activitéLe Cires est conçu pour accueillir 650 000 m3 de déchets (203 435 m3 de déchets stockés à fin 2011). A gauche, vue aérienne du Cires (© Georges Engel). A droite, alvéole de stockage en cours de remplissage (© Vincent Duterme).

Le stockage à faible profondeur à l'étude

L’Andra étudie plusieurs options pour le stockage des déchets de faible activité à vie longue (FA-VL).

La recherche de site pour l’implantation d’un centre de stockage FA-VL a été lancée à l’échelle nationale par l’Andra avec l’accord du Gouvernement en juin 2008. L’Andra a transmis fin 2008 au gouvernement un rapport d’analyse au plan géologique, environnemental et socio-économique de la quarantaine de communes qui ont marqué leur intérêt pour le projet.

Suite au retrait des deux communes retenues en 2009 pour réaliser des investigations géologiques, l’État a demandé à l’Andra de rouvrir les différentes options de gestion des déchets de type FA-VL.

Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire a constitué un groupe de travail afin de faire un retour d’expérience du processus de recherche d'un site pour les déchets FA-VL. Il a transmis ses recommandations à l'Etat en octobre 2011. L’Andra remettra un rapport au Gouvernement fin 2012 avec des propositions pour la poursuite de la démarche, en s’appuyant notamment sur les recommandations du Haut Comité.

Le projet de stockage réversible en couche géologique profonde

Après entreposage, les déchets radioactifs ne pouvant pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection être stockés en surface ou en faible profondeur font l’objet d’un stockage en couche géologique profonde.

Les études et recherches concernant le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) sont conduites en vue de choisir un site et de concevoir le Centre de stockage, de sorte que la demande d’autorisation de création puisse être instruite en 2015. Sous réserve d’autorisation, la mise en exploitation du Centre est prévue en 2025. Le processus spécifique d’instruction de la demande d’autorisation de création est défini par la loi du 28 juin 2006.

Commentaires

  • Jérome

    solution

    Es-que les technologies de traitement de déchets radioactifs par torches à plasma sont elles une solution envisageable pour la réduction de la taille des déchets radioactifs et donc de leurs quantités, comme évoqué précédemment?
    • Andra

      RE : RE : RE : solution

      L’incinération par torche à plasma peut effectivement permettre de réduire le volume de certains déchets (déchets organiques comme les plastiques par exemple), mais également d’en réduire la nocivité (cas de l’amiante par exemple), la réactivité (certains sels par exemple), ou modifier leur forme physico-chimique pour faciliter leur prise en charge en stockage (vitrification des cendres résiduelles par exemple). Par rapport à un procédé d’incinération usuel, l’utilisation de torches à plasma permet de prendre en charge une gamme plus importante de typologies de déchets.

      L’utilisation de ce procédé a néanmoins plusieurs contraintes :
      · L’incinération génère des déchets (gaz, cendres) pour lesquels des solutions de gestion doivent être définies.
      · La radioactivité présente dans le déchet d’origine va être concentrée dans les résidus issus du traitement si bien que ces déchets induits vont présenter une activité massique (niveau de radioactivité) plus élevée que le déchet initial.
      Ce sont également des installations couteuses. Ces contraintes doivent être bien étudiées et prises en compte dans le choix des scénarios de gestion des déchets radioactifs.

      A l’heure actuelle, plusieurs installations de traitement thermique par torche à plasma sont opérationnelles ou en construction en Europe pour des déchets radioactifs de faible activité : installation Zwilag en Suisse, installation PMF (Plasma Melting Facility) en Bulgarie.