Les installations de Cigéo

Dernière mise à jour : Mercredi 18 juillet 2012
 

Cigéo sera une installation nucléaire de base composée d’installations de surface, réparties sur deux sites, de puits et de descenderies et d’une installation souterraine.

Vue générale des installations de Cigéo : schéma de principeVue générale des installations de Cigéo : schéma de principe

L'installation souterraine

Située à environ 500 mètres de profondeur, l’installation souterraine de Cigéo se développera au fur et à mesure de l’exploitation. Elle se composera de zones de stockage pour les déchets HA et de zones de stockage pour les déchets MA-VL, de galeries de liaison et d’installations techniques. Au terme de la centaine d’années d’exploitation, cette installation représentera une surface d’environ 15 km².

Les déchets seront stockés, au moyen de dispositifs robotisés, dans des tunnels horizontaux appelés alvéoles, creuses au cœur de la couche d’argile. Les déchets HA seront stockés dans des alvéoles d’une centaine de mètres de longueur et d’environ 70 cm de diamètre revêtus d’un chemisage métallique. Les déchets MA-VL seront stockés dans des alvéoles de stockage horizontales de quelques centaines de mètres de longueur et d’une dizaine de mètres de diamètre.

Les zones de stockage seront conçues de façon modulaire pour permettre la construction progressive des tunnels dans lesquels seront stockes les déchets.

alveole HAalvéole MAVLSchémas de principe d'une alvéole de stockage de colis de déchets HA (à gauche) et d'une alvéole de stockage de colis de déchets MA-VL (à droite). © Andra

Les infrastructures de liaison

Deux types d’infrastructures serviront à relier les installations de surface de Cigéo à l’installation souterraine. Les puits verticaux seront utilisés pour le transfert du personnel, des engins de chantier, des matériaux et la ventilation des ouvrages souterrains. Le transfert des colis de déchets se fera par une rampe d’accès appelée descenderie, au moyen d’un funiculaire.

Vue de la descenderie de transfert des colis vers les installations souterrainesArrivée d’un cufat, permettant le transfert des déblais en surface, en sortie de puitsTransfert de colis par funiculaire dans une descenderie (à gauche), entrée d'un puits (à droite). © Andra

Les installations en surface

Les installations de surface de Cigéo seront réparties sur deux sites (zone descenderies et zone puits) distants de quelques kilomètres. Les installations liées aux descenderies seront insérées dans la zone déjà aménagée autour du Laboratoire souterrain (Espace technologique, Écothèque, bâtiment d’archives d’EDF). La topographie du site est utilisée pour l’insertion paysagère des installations. Les déblais issus de la zone descenderies devront être transportés jusqu’à la zone puits ou seront implantées les verses déblais. La possibilité d’utiliser un convoyeur est étudiée pour réduire les flux de transports entre les 2 sites. Les installations de surface seront équipées d’équipements de secours et de sécurité (caserne de pompiers, poste de garde…).

Les installations de la première zone de surface serviront notamment à la réception, au contrôle et à la préparation des colis de déchets avant leur transfert dans l’installation souterraine par une descenderie. D’une surface d’environ 280 hectares, cette zone sera composée :

  • d’un secteur nucléaire regroupant les installations nécessaires à la réception et au contrôle des colis, à leur conditionnement en colis de stockage et à leur regroupement avant leur transfert vers les alvéoles de stockage ;
  • d’un espace pour implanter un futur terminal ferroviaire si ce mode de transport jusqu’à Cigéo est retenu ;
  • des équipements nécessaires au fonctionnement des installations : postes électriques, bassins permettant la récupération et le traitement des eaux de pluie, station d’épuration… ;
  • d’une zone dédiée aux travaux de chantier et à la maintenance des installations ;
  • de bâtiments d’accueil pour les visiteurs ;
  • de zones de vie pour les travailleurs : restaurant, bureaux…

Les installations de la deuxième zone de surface seront situées à environ 5 km de la première zone et serviront essentiellement aux travaux de creusement et de construction des ouvrages souterrains. D’une surface d’environ 90 hectares (hors verses à déblais), cette zone sera située à la verticale de l’installation souterraine et composée :

  • d’un secteur dédié aux travaux souterrains ;
  • d’un secteur nucléaire qui regroupera, les ateliers de maintenances et les différents puits permettant le transfert du personnel et la ventilation de l’installation souterraine ;
  • des équipements nécessaires au fonctionnement des installations : postes électriques, bassins permettant la récupération et le traitement des eaux de pluie, station d’épuration...

Les déblais issus du creusement de l’installation souterraine seront stockés à proximité de cette zone et feront l’objet d’un traitement paysager. Ces verses à déblais seront réalisées progressivement, sur une emprise estimée à terme de l’ordre de 180 hectares.

Schéma de principe des installations en surface CigéoVue générale de la zone de surface dédiée aux travaux de construction et de creusement des ouvrages souterrains - schéma de principe selon le scénario d’implantation n°2 © Andra

Schéma de principe des installations en surface CigéoVue générale de la zone de surface dédiée à la réception, au contrôle et à la préparation des colis - schéma de principe avec l’hypothèse d’un terminal ferroviaire implanté sur le site. © Andra

Commentaires

  • Jessica

    Bonjour,
    J'ai noté une différence dans la conception des alvéoles de stockage des colis HA et MAVL que je n'arrive pas à comprendre. Dans les alvéoles de stockage pour colis HA, il n'y a pas de ventilation; or vous expliquez dans le "dossier 2005" que ceci est un moyen de prévenir la corrosion en limitant l'apport d'oxygène. Cependant, ce système de ventilation est prévu dans les alvéoles de stockage pour colis MAVL pour évacuer les gaz de radiolyse. Ainsi, pourquoi la corrosion n'est-elle plus un souci dans le cas des colis MAVL? Par ailleurs, pourquoi seuls les déchets MAVL contenant des matériaux organiques sont sujets au phénomène de radiolyse?
    Merci d'avance pour votre réponse.
    • Laurent C.

      Bonjour Jessica,

      Pourquoi la corrosion n'est-elle plus un souci dans le cas des colis MAVL ?

      Votre question est légitime car la nuance est subtile.
      Les déchets vitrifiés de haute activité (HA), dont le stockage n’est pas compatible avec le milieu cimentaire, seront placés dans des colis en acier, eux même placés dans des alvéoles dont le chemisage sera également en acier. Pour limiter la corrosion de ces aciers, les alvéoles de colis de déchets HA ne seront effectivement pas ventilées.

      Concernant les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL), il est prévu à ce stade de les stocker dans des ouvrages en béton. Or, l'environnement cimentaire est très favorable vis-à-vis de la corrosion des aciers (corrosion très lente en milieu cimentaire). La ventilation de ces alvéoles n’est donc pas un problème. En revanche, elle est effectivement nécessaire pour l’évacuation des gaz produits par certains déchets MA-VL.

      Voila pourquoi, sur la base des options de conception identifiées, on ventile les alvéoles contenant des déchets MA-VL et pas celles contenant des déchets HA.

      Pourquoi seuls les déchets MAVL contenant des matériaux organiques sont sujets au phénomène de radiolyse?

      Pour ce qui est de votre deuxième question, il faut distinguer « rayonnement » et « radiolyse ». Le rayonnement correspond à l'émission de particule ionisantes (alpha, beta, gamma) tandis que la radiolyse correspond à la décomposition de la matière sous l'effet du rayonnement (le 2ème étant donc la conséquence du 1er). Tous les déchets MA-VL sont irradiants mais en revanche tous les déchets MA-VL ne sont pas sujet au phénomènes de radiolyse. La radiolyse affecte essentiellement les déchets organiques (bitume, PVC, bois, cellulose,...) ou les déchets contenant de l'eau (radiolyse de l'eau) comme par exemple les déchets cimentés. Mais d'autres déchets sont insensibles au rayonnement (ex : les déchets de structures métalliques).

      En espérant avoir répondu à vos questions.

      Laurent C., Ingénieur modélisation et simulation à l’Andra