Le transport des colis de déchets

Dernière mise à jour : Mercredi 25 juillet 2012
 

La règlementation relative au transport de substances radioactives est élaborée au niveau international par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En France, l’Autorité de sûreté nucléaire est responsable du contrôle de la sûreté des transports de substances radioactives pour les usages civils. Le Haut Fonctionnaire de défense et de sécurité du ministère en charge de l’écologie, du développement durable et de l’énergie est responsable de la sécurité des transports sensibles (protection physique).

Le transport de substances radioactives est assuré par des sociétés spécialisées et agréées. L’expéditeur réalise la caractérisation complète des colis à transporter. Cela permet au transporteur de définir le type d’emballage à utiliser et de spécifier les conditions du transport. Les déchets sont transportés dans des emballages conçus pour être étanches et le rester même en cas d’accident (collision, incendie, immersion…). Ils sont composés de plusieurs types de matériaux qui permettent de réduire les niveaux d’irradiation pour les rendre inferieurs aux limites fixées par la réglementation. Celle-ci établit que la quantité de rayonnements reçus par une personne qui resterait à 2 mètres du véhicule pendant une heure n’excède pas la limite de 0,1 milliSievert, quel que soit le type de déchets transporté. A l’issue des opérations de chargement, l’expéditeur vérifie la conformité de l’emballage à la réglementation. En France, on estime à environ 11 000 par an le nombre total de transports nécessaires au cycle du combustible pour l’activité des centrales nucléaires d’EDF, dont environ 200 pour transférer les combustibles usés déchargés des réacteurs français jusqu’à l’usine Areva NC de La Hague. Ces derniers s’effectuent principalement par voie ferrée jusqu’au terminal ferroviaire de Valognes, situe à 40 km de l’usine, puis par la route.

Emballage de transport de déchets HAPour leur transport, les déchets HA sont placés dans un emballage de transport. Les emballages de transport sont contrôlés avant d’être expédiés. Le transport peut être réalisé par voie routière ou ferroviaire (© Areva)

Le transport entre les sites de production des déchets et Cigéo

Concernant Cigéo, Areva, le CEA et EDF prévoient aujourd’hui de livrer de l’ordre de 700 à 900 emballages par an à l’horizon 2030-2040. Le transport par voie ferroviaire est privilégié. Dans ce cas, cela représenterait au maximum une centaine de trains par an (avec une dizaine de wagons par train), soit de l’ordre de deux trains par semaine en pic, avec une moyenne de deux trains par mois sur la durée d’exploitation. Pour les colis de déchets provenant du site CEA de Valduc (Côte d’Or), dont les flux sont limités, le CEA prévoit un transport par voie routière. Cigéo est dimensionné sur cette base pour assurer la mise en stockage des colis au fur et à mesure.

Les modalités d’acheminement des colis jusqu’à Cigéo sont étudiées par Areva, le CEA et EDF. Le réseau ferré national permet d’acheminer les convois jusqu’à proximité de Cigéo. Des itinéraires sont étudiés depuis la Normandie (La Hague) et la vallée du Rhône (Cadarache, Marcoule, Bugey).

Différents itinéraires sont étudiés pour l’acheminement des colis de déchets vers Cigéo. © AndraDifférents itinéraires sont étudiés pour l’acheminement des colis de déchets vers Cigéo. © Andra

Les scénarios étudiés pour la desserte locale de Cigéo

Les scénarios étudiés pour la desserte locale de Cigéo. © AndraScénarios schématisés de desserte ferroviaire locale. © Andra

L’arrivée et le déchargement des trains s’effectueront dans un terminal ferroviaire spécifique. Celui-ci peut être implanté soit sur une voie ferroviaire existante, ce qui nécessite une rupture de charge et un transport final jusqu’à Cigéo par voie routière, soit sur le site même des installations de surface de Cigéo, ce qui implique un prolongement du réseau ferré actuel. Plusieurs scénarios ont été étudiés et ont fait l’objet d’échanges dans le cadre de l’élaboration du schéma interdépartemental de développement du territoire. Lors du dernier Comité de Haut Niveau, il a été décidé d’approfondir trois scénarios.

  • Le premier scénario consiste à réaliser une desserte ferroviaire directe de Cigéo depuis le réseau ferré existant dans la vallée de l’Ornain, ce qui évite une rupture de charge. Les aménagements sur le réseau existant (renforcement de la voie existante…) relèvent de la maîtrise d’ouvrage de Réseau Ferré de France (RFF) qui gère ces infrastructures. Le tronçon de raccordement à créer jusqu’à Cigéo (d’environ 15 kilomètres) serait réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de l’Andra.
  • Le second scénario consiste à implanter le terminal ferroviaire sur le réseau ferré existant dans la vallée de l’Ornain.
  • Le troisième scénario consiste à implanter le terminal ferroviaire sur le réseau existant dans la vallée de la Marne.

Dans ces deux derniers scénarios, les colis sont transportés par la route depuis le terminal ferroviaire jusqu’à Cigéo.

 

L’option d’une desserte ferroviaire directe de Cigéo

Sur le plan technique, le raccordement depuis le réseau ferroviaire existant dans la vallée de l’Ornain est plus favorable qu’une desserte ferroviaire depuis la vallée de la Marne. Différentes options de raccordement à la voie ferrée existante ont été examinées entre Gondrecourt-Le-Château et Houdelaincourt. Le raccordement depuis Gondrecourt-le-Château pourrait permettre de réutiliser une partie des emprises de l’ancienne voie ferrée.

Schémas de raccordement ferroviaire entre le réseau existant et Cigéo. © AndraSchémas de raccordement ferroviaire entre le réseau existant et Cigéo. © Andra

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