La sûreté de Cigéo après sa fermeture

Dernière mise à jour : Jeudi 26 juillet 2012
 

L’objectif fondamental de Cigéo est de protéger l’homme et l’environnement des déchets radioactifs sur de très longues échelles de temps. La sûreté à long terme du stockage doit être assurée de manière passive, sans dépendre d’actions humaines. Cela repose notamment sur le choix du milieu géologique et sur la conception du stockage.

La conception du stockage

La première fonction du stockage consiste à isoler les déchets des activités en surface. Le stockage sera situé à environ 500 mètres de profondeur. Cela le préserve des conséquences de phénomènes tels que l’érosion ou les glaciations qui n’affecteront qu’une épaisseur de terrain inferieure a 200 mètres à l’échelle de centaines de milliers d’années. La seconde fonction du stockage consiste à confiner les substances radioactives et à maîtriser les voies de transfert qui peuvent conduire à long terme les radionucléides jusqu’à l’homme et l’environnement. Ces processus se dérouleront sur de très longues échelles de temps pendant lesquelles la dangerosité des déchets diminue par décroissance radioactive.

L’organisation de l’installation souterraine et la conception de certains composants du stockage tels que les colis et les scellements contribuent au confinement de la radioactivité et à limiter les écoulements d’eau dans le stockage après sa fermeture.

A long terme, le confinement repose sur les caractéristiques très favorables de la couche d’argile dans laquelle le stockage sera implanté. La conception du stockage vise donc à limiter les perturbations provoquées par sa réalisation. Cela conduit par exemple à privilégier des méthodes de construction limitant l’endommagement de la roche, à limiter les vides résiduels dans le stockage (remblaiement des galeries), les perturbations chimiques liées aux matériaux du stockage ou encore à l’élévation de température pour maintenir les propriétés de la roche.

L’évaluation de la sûreté à long terme du stockage

Le guide de sûreté établi par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) définit la méthodologie à mettre en œuvre pour évaluer la sûreté après fermeture. Il prévoit une démarche itérative d’évaluation, qui accompagnera toutes les phases de développement du stockage jusqu’à sa fermeture.

Les évaluations de sûreté ont montré que l’impact à très long terme du stockage resterait largement inférieur à celui de la radioactivité naturelle. Pour garantir que le stockage reste sûr quoi qu’il arrive, tous les phénomènes qui pourraient dégrader ses performances et remettre en cause sa sûreté sont pris en compte (séisme, érosion, intrusion…) et leurs conséquences sont évaluées. L’installation souterraine de Cigéo est par exemple conçue pour résister aux éventuels séismes qui pourraient intervenir sur le très long terme. Les études ont permis de définir quel serait le plus fort séisme géologiquement possible sur d’aussi grandes échelles de temps. Les études ont montré que Cigéo résisterait à des séismes de cette amplitude. Toutes les incertitudes identifiées sur des composants du stockage jouant un rôle pour la sûreté ont également été prises en compte afin de vérifier que l’impact du stockage ne présente pas de risque pour la sante en cas d’erreur ou de défaillance dans sa conception : par exemple si la roche argileuse était 10 fois plus perméable que les valeurs prudentes retenues à partir des observations scientifiques, si le verre dans lequel sont incorporés les déchets HA se dissolvait en milliers d’années au lieu de centaines de milliers d’années, si les scellements mis en place pour refermer le stockage étaient défaillants…

Des études ont également été menées pour vérifier qu’en cas d’intrusion dans le stockage (par forage par exemple), la capacité de confinement du stockage resterait suffisamment préservée pour que son impact reste inférieur aux normes règlementaires.

Commentaires

  • Duperray Hervé

    Pourquoi donner tant d'importance au "risque tremblement de terre"? Le dépôt noyé dans une épaisseur de 300m de glaise est à l'abri de tout effort même si les roches dures encaissantes sont le siège d'une faille majeure nouvelle qui glisserait de 100mètres ! Mettez un bloc de verre de 10cm dans un bains de beurre froid d'un mètre d'épaisseur et faites passer un camion dessus: le bloc reste intact. D'ailleurs une faille de 300m de glissement ne peut pas être locale mais d'étendue d'un pays et l'énergie de ce tremblement de terre serait telle que toute l'Europe serait dévastée et la France sans un seul survivant. Quid?